Fuck the bird !
En ce jour, plus que tout autre, j’éprouve une détestation souveraine envers les mouettes. Je songe par exemple à celle que j’ai photographiée en été 2003, dans la baie de Saint-André, à Ibiza, et dont j’ai téléchargé le cliché samedi 24 décembre.
J’ai toujours aimé le cinéma d’Alfred Hitchcock mais, depuis que je fréquente Ibiza, c’est de la vénération que je ressens pour lui. Voilà un génie qui a su, contre toutes les jérémiades des amis des bêtes, nous mettre en garde contre les oiseaux.
Nous ne lui serons jamais assez reconnaissants.
J’ai appris à étendre ma prévention à l’encontre des mouettes à l’ensemble des volatiles, tous voraces, insatiables, avides. Toujours la gueule ouverte et piaillant, piaillant, piaillant... Les pires sont les oiselles : leurs roucoulades ne doivent jamais nous faire oublier qu’elles ont l’âme d’une mante religieuse. Vous en doutez ? Réfléchissez. Sous la figure apparemment consolante et bienveillante de Marie-Mère-de-Dieu se profilent toujours le lingam et le piétinement destructeur de Shiva. René Crevel a eu bien raison de s’emporter contre cette donzelle :
«Or, cette Marie, qui ne s’occupait du principe mâle que pour l’ensevelir, le ranger dans un sépulcre, c’est sous cette protection que les hommes enjuponnés avaient prétendu notre enfance.
Elle avait la meilleure place dans la chapelle, où, sous forme de statue de marbre, elle se tenait droite, plus grande que grandeur nature. Sourires, longs voiles et couronnes, rien n’avait été négligé de ce qui pouvait, aux yeux de l’enfance, la parer d’une douceur que nos curés disaient ineffable.
Mais cette marmoréenne personne avait des pieds, des pieds de flic, des pieds dont la pesée écrasait le serpent, un pauvre serpent qui, dans une ultime convulsion, relevait la tête et dardait, sous forme de langue, une flamme désespérée qui ne saurait être comparée qu’à ce jet de sperme, dont s’accompagne, dit-on, la mort du pendu.
Les années que je dus, pour des prières masochistes, m’agenouiller devant cette parabole pétrifiée, sans doute, n’en pouvais-je saisir, dans son abominable exactitude, tout le sens, mais, puisque diable il y avait (et, bien que je ne comprisse encore ce que, par diable, il s’agissait d’entendre) j’étais pour le diable, ce pauvre diable d’écrasé contre l’écraseuse. » (Le Clavecin de Diderot, (1932), Coll. « Libertés », n° 38, Paris, J.-J. Pauvert, 1966, pp. 113-114.)
Les intuitions de Crevel me ravissent. Il avait entrevu que Marie pouvait avoir des ailes… Je ne me lasse donc pas de lire et de relire cet écrivain. Et de lancer, avec lui, un vengeur : Vive le Diable ! A bas l’oiselle !




